L’école de la république en danger.

o    Être fiché dès la maternelle quand on parle d’égalité des chances !!
Des syndicats d’enseignants, des fédérations de parents d’élèves et des administrations affirment toujours leur opposition à la mise en place du  fichier base élève. Des directeurs de groupe scolaire, devant leur refus de renseigner ce fichier, se retrouvent dans des situations professionnelles très inconfortables. Ce fichier laisse à penser qu’il peut très rapidement devenir un fichier (interministériel) de suivi personnel.
Il pourrait également être accessible en partie aux mairies qui devront peut être participer au fichage de « petits turbulents » ou/ et de « familles défavorisées ».

o    Le samedi matin supprimé ... Youpi …, mais …
La semaine scolaire a été modifiée. Le samedi matin n’est plus travaillé depuis la rentrée 2008. Pourquoi pas !
    En retour, nous apprenons que le gouvernement s’oriente vers la suppression de plusieurs milliers de postes d’enseignants. Les premiers touchés seraient les postes RASED. Ce réseau, constitué d’enseignants spécialisés affectés par secteur cantonal en plus des professeurs d’école , est indispensable pour aider ces enfants à ne pas devenir dès leur plus jeune âge des « cassés de la vie », des « exclus du système ».
    Le gouvernement veut faire croire que le suivi de ces enfants sera assuré par leurs enseignants qui les accompagneront (sur accord de l’enfant et de ses parents) une demi- heure le soir. Mais tout le monde sait que ce sont ces enfants qui parviennent déjà difficilement à suivre une journée classique d’école. Alors pourquoi leur rajouter du temps scolaire alors qu’il leur faudrait du temps différent. Les enseignants qui assurent actuellement les RASED ont une formation complémentaire très spécialisée. Ils prennent les enfants individuellement ou en petits groupes, en cours de journée et travaillent souvent au cas par cas, leur redonne envie d’apprendre par une écoute et des méthodes pédagogiques personnalisées.
    Pour compléter sa panoplie, le gouvernement regarde également s’il est opportun de conserver tout ou partie de l’école maternelle. Il verrait bien, pour commencer, la suppression des petites sections. Un des arguments entendus du ministre de l’enseignement: « Est-ce qu’il est vraiment logique, alors que nous sommes si soucieux de la bonne utilisation des crédits délégués par l’Etat, que nous fassions passer des concours bac + 5 à des personnes dont la fonction va être essentiellement de faire faire des siestes à des enfants ou de leur changer les couches ».
Pensez-vous vraiment que l’ école maternelle n’apporte rien à nos petits ?

o    Obligation d’accueillir les enfants en cas de grève des enseignants.
La cerise sur le gâteau… Les mairies ont l’obligation d’accueillir les enfants en cas de grève des enseignants. Où va-t-on ? Doit-on accepter la suppression du droit de grève de cette profession ? Est-ce notre rôle ?
La commune de Susville a annoncé qu’elle ne tenait pas compte de cette directive et qu’elle n’assurait pas de garde en cas de grève des enseignants. Nous ne pouvons pas soutenir l’école publique d’un côté et de l’autre cautionner le démantèlement de celle-ci par un gouvernement essentiellement préoccupé par la logique financière.
Nous avons sollicité l’amicale des maires du canton sur ces différents points et attendons une prise de position.
Nous espérons que ces positions seront comprises et soutenues par tous.
Soyez conscients que l’école publique (maternelle et primaire), de l’école de la république avec ses lettres de noblesse, de l’école accessible à tous, de l’école de l’égalité des chances est entrain de mourir.
Si nous ne réussissons pas, l’école de nos enfants deviendra l’école pour l’élite, l’école des moyens financiers, l’école de ceux qui auront la chance de bien naître et n’auront pas à franchir d’obstacles dans leurs parcours scolaires et familiaux.
        Nous comptons sur la compréhension, le soutien et la mobilisation de tous.
                                                Philippe Brun